Le consentement, cet « énième formulaire »

Le consentement c’est chiant. C’est un peu ce qu’on comprend en parcourant l’Internet (certaines pages) ces derniers temps.

Ben oui c’est chiant, parce que c’est un nouveau formulaire, et que nous médecins on n’a pas que ça à faire.

« Devons-nous faire remplir un formulaire ? Un de plus ? Pourquoi pas, je ne vois pas en quoi c’est important mais si les gens le réclament, alors on le fera » Guy Vallancien, émission BBC Trending, à voir sous-titrée ici.

Bon, comme dit Mme le Dr Paganelli, gynécologue « Après on fera comme le reste, si vous voulez qu’on fasse une fiche d’information on leur donnera une fiche d’information par la secrétaire,… » (émission Sur les Docks de France Culture)

Sur de nombreux sites internet, on lit des commentaires du même acabit, notamment dans la presse lue et commentées par des médecins : quelle honte, un papier pour mettre les doigts dans le vagin nan-mais-je-rêve.

Le site Egora.fr cet été nous gratifiait ainsi d’une sélection des commentaires reçus suite à la polémique des touchers vaginaux sous anesthésie générale, rubrique « Ca vous fait réagir ». Extrait de l’un d’entre eux :

« En suivant ces raisonnements de puritains effarouchés, dois-je aussi faire signer des consentements dans mon cabinet ? Car si je ne le fais pas, un(e) patient(e) mal intentionné(e) et voulant me nuire, pourra prétendre que j’ai fait le toucher pelvien par surprise et sans son accord, et pourra m’accuser de viol ? Non mais où va-t-on. Déjà que certaines patientes refusent d’emblée le TV parce que je ne suis pas gynéco… déjà que d’autres, hommes ou femmes, refusent de me montrer leurs hémorroïdes (ou supposées telles puisque je ne peux pas vérifier)… Faudrait que je fasse signer un consentement pour une IM dans la fesse, aussi, des fois que ce serait interprété comme sexuel ? En ce XXIe siècle on assiste au retour de l’obscurantisme (cf. les lobbies anti-vaccins), de la pudibonderie (mais on approuve les Femen qui s’exhibent seins nus), du puritanisme. »

On n’en sort pas :

consentement = formulaire / justice / prison.

C’est tout de même assez triste que ces médecins n’abordent ces questions qu’à travers leur propre prise de risque. Traumatisés peut-être par de vieilles affaires d’accidents médicaux qui n’avaient pas fait l’objet d’un consentement écrit préalable (consentement pour actes à risques), ils en viennent à réduire le consentement à une pénible obligation médico-légale. Passant à côté de ce qui fait la relation soignant-soigné.

Échanger avec le patient sur ce qui ne va pas, ce qu’on propose de lui faire, ce que l’on recherche, comment ça devrait se passer, et lui demander alors s’il est d’accord…

C’est peut-être pas toujours facile. Mais chiant, non.

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