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Clara de Bort : « Les réseaux sociaux, c’est le règne de l’engagement. »

Les droits des femmes, la relation soignant soigné, ça bouge et c’est aussi grâce aux réseaux sociaux

Groupe MNH Actu

Pour Clara de Bort, Directrice d’hôpital très connectée, les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans notre société. Plus que de simples outils de communication, ils sont le vecteur de nos valeurs et de nos engagements. Retour sur cette passionnante entrevue accordée pendant la Paris Healthcare Week 2016

Pour commencer, comment définiriez-vous les réseaux sociaux ? Quelles sont leurs caractéristiques ?

Les réseaux sociaux font tomber les barrières habituelles d’élaboration de pensées, permettant à tous de prendre la parole autour de ses centres d’intérêts et préoccupations, quelles que soient ses responsabilités institutionnelles. Bien plus, les réseaux sociaux permettent à chacun de défendre ses valeurs, comme par exemple l’accès aux soins. Nous avons tous des passions, des convictions qui peuvent être difficiles à nourrir et partager, et qui peuvent avoir tendance à se diluer dans le temps. Grâce à ces plateformes, elles redeviennent présentes, audibles et d’actualité. Il est possible…

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Harcèlement sexuel : quand la proie parle

56010531_mChaque nouveau scandale d’agression ou de harcèlement sexuel le démontre : il est très difficile pour les victimes de parler.

L’effort est d’autant plus important pour celle(s) qui sortent du bois et qui parlent la(les) première(s).

De victime à suspecte

A chaque fois ces interventions provoquent une vague d’incompréhension, d’incrédulité, quand ce n’est pas d’agressivité franche. Ces femmes, pourquoi n’ont-elles pas parlé plus tôt ? Que cherchent-elles en parlant maintenant ? N’ont-elles pas mal interprété de simples blagues un peu cochonnes qui font le sel de certaines relations ? N’étaient-elles pas finalement un peu d’accord, un peu flattées même, que tel ou tel homme de pouvoir jette sur elles, pauvres filles, son dévolu ? Il n’y a pas d’autre agression que les agressions sexuelles qui transforment ainsi, à la vitesse de la lumière, toute victime en suspecte.

Etre ramenée au statut de proie

Les personnes sujettes de violences sexuelles le savent bien. Etre taxée de manipulatrice, d’affabulatrice, de mijaurée, ou même simplement -un comble- de « victime », ce n’est pas un statut qui fait rêver. Surtout pour des femmes qui se battent depuis des années pour que leurs mérites professionnels soient reconnus. Etre ainsi ramenée à un statut de proie, c’est plutôt quelque chose que l’on préférerait oublier.

Quand réussite et résistance se retournent contre les femmes

Car au delà de la peur – effective bien souvent – de perdre son poste, son mandat, ou sa promotion, c’est bien la peur du statut que de telles accusations confèrent aux dénonciatrices qui est le principal frein à la prise de parole. La réussite des femmes se retourne alors contre elles : il ne faut surtout pas montrer ce qui pourrait s’apparenter à une faiblesse, là où le seul faible, le minable n’est en réalité que leur agresseur.

Leur capacité de résistance est aussi ce qui les condamne : elles n’ont pas parlé plus tôt. Mais quand ? où ? leur parole aurait-elle été crue dès le premier événement ? que vaut une telle parole quand elle est portée seule ? Car c’est aussi la mécanique bien huilée de l’agresseur, du harceleur : minimiser « l’incident » aux yeux de la victime, lui faire croire qu’elle est seule et qu’elle ne sera donc pas crue.

Tout le monde sait, tout le monde savait

C’est aussi, et c’est bien plus insidieux, l’amener à penser que tout le monde est au courant et que donc, si ces agissements perdurent, c’est qu’ils sont tolérés, y compris en haut lieu. C’est alors l’ensemble du groupe et de la hiérarchie que cette victime devra affronter. Ce groupe, parfois, a d’ailleurs « compris » ce qui se passe sans pouvoir réagir faute d’ « étincelle », ce qui donnera de l’eau au moulin au fameux « tout le monde savait ».

Les dénonciations en chaine

Il ne faut pas s’étonner alors que ces femmes, quand elles le peuvent, quand on leur en donne l’occasion, se regroupent et portent une parole collective. Il ne faut pas non plus s’étonner de dénonciations « en chaîne », chaque scandale (re)donnant un peu plus de lucidité et/ou de force aux femmes silencieuses par rapport à ce qu’elles ont vécu.

En cela, la dénonciation de chaque situation de harcèlement, dans le respect de la présomption d’innocence mais sans mettre en doute la parole des victimes, fait avancer les droits. Messieurs les harceleurs -et mesdames, si moins nombreuses- sachez-le : un jour, vous ne peloterez plus tranquilles.

Simulation : réponse aux défis de la médecine ?

11570620_mLa Haute Autorité de Santé le répète depuis des années : « Jamais la première fois sur le patient ! »

Pour renforcer la qualité des soins, la HAS et le Ministère incitent les professionnels et futurs professionnels de santé à ne plus s’entraîner « pour la première fois » sur de vrais patients mais Lire la suite

Communiqué de presse — Touchers vaginaux sans consentement

Communiqué de presse

Touchers vaginaux sans consentement : les auteurs de la pétition se félicitent des annonces de la Ministre et réclament des engagements concrets aux organisations professionnelles.

30 octobre 2015

Depuis plusieurs mois nous alarmons les autorités sur les conditions d’enseignement pratiques des gestes médicaux, et affirmons notre désaccord avec une conception de la médecine, et de l’enseignement de la médecine, qui ferait fi du consentement des patients.

Face à l’accumulation d’indices relevés dans des documents pédagogiques, de témoignages crédibles d’étudiants ou d’anciens étudiants, de prises de position confuses, ambivalentes voire franchement déviantes de médecins et d’enseignants, nous avons acquis la certitude de ce que certains droits fondamentaux des patients n’ont pas encore trouvé leur place dans la pratique médicale et pédagogique quotidienne dans notre pays.

Les auteurs de la tribune sur les touchers vaginaux ont appris avec satisfaction qu’un rapport a été commandé au Président de la conférence des doyens et constatent que les résultats de cette première enquête viennent corroborer leurs craintes. Ils se félicitent des mesures prises par la Ministre, et en particulier de la mission IGAS IGAENR qui permettra d’évaluer précisément ce que les institutions mettent en œuvre pour garantir des conditions d’enseignement respectueuses des droits.

Ces décisions ministérielles nécessaires étant prises, il appartient désormais aux organisations professionnelles de prendre leurs responsabilités et de se mobiliser concrètement à leur tour en faveur d’une médecine respectueuse de la loi et bientraitante, prenant en compte la vulnérabilité toute particulière des patients touchés dans leur intimité.

Nous demandons ainsi :

– à la Conférence des Doyens de Facultés de Médecine de participer activement et en toute transparence à la mission IGAS IGAENR, en menant une large enquête auprès des étudiants sur le modèle de celle réalisée par la faculté de médecine de Nantes

– au Président du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français d’inscrire officiellement ce point à l’ordre du jour de son congrès de décembre

– au Président de la Fédération des Spécialités Médicales de réunir les représentants de toutes les spécialités médicales concernées par l’abord de la sphère intime (gynécologie, obstétrique, mais aussi urologie et chirurgie viscérale), pour qu’elles définissent ensemble un programme d’élaboration de règles de bonnes pratiques professionnelles

– à l’Académie de Médecine et à l’Académie de Chirurgie de prendre position officielle sur le respect du consentement et la bientraitance dans la pratique médicale

– à l’Ordre des Médecins de rappeler une nouvelle fois les règles de déontologie, leur caractère non négociable, et poursuivre les auteurs d’infractions caractérisées.

Le recours à la simulation ne saurait constituer une réponse à nos revendications. La simulation est utile dans la formation du médecin pour lui permettre de s’exercer sur les actes dangereux ou douloureux sans mettre en danger le patient, mais un mannequin n’apprendra jamais à l’étudiant à recueillir un consentement. Nous ne sommes pas opposés à ce que les étudiants se forment sur nous, nous exigeons simplement le respect de nos droits à savoir que notre consentement soit recueilli, et que nous puissions le retirer à tout moment librement.

Nous soulignons par ailleurs que les citoyens, patients actuels et à venir, observent la façon dont les organisations professionnelles écoutent et réagissent. Certains d’entre eux ont commencé à élaborer des listes de soignants bientraitants. Si les organisations professionnelles ne s’emparent pas vigoureusement de ce sujet, restent dans le déni, la minimisation, le silence complice, il est à craindre qu’apparaissent, à terme, de véritables listes noires.

Contact : Contacts :

Clara de BORT, directrice d’hôpital, auteure du blog http://enjupe.com / clara.debort@gmail.com / 06.30.90.50.34

Béatrice KAMMERER, présidente et fondatrice de l’association d’éducation populaire Les Vendredis Intellos www.lesvendredisintellos.com / beatricekammerer@hotmail.com / 06 84 12 92 66

Marie-Hélène LAHAYE, juriste, féministe, auteure du blog « Marie accouche là » http://marieaccouchela.blog.lemonde.fr/ mhlahaye@gmail.com 06 95 42 58 19

Karim IBAZATENE, pharmacien, auteur du blog https://lacoupedhygie.wordpress.com/